carnets de voyages : Népal, Bali, Chili, argentine, Bolivie, Pérou, Equateur, Costa Rica
Nous quittons Sanur et nos potes pour aller découvrir l’est de l’île par nos propres moyens. Nous y sommes passés sans nous arrêter en allant à Tulamben. Mais nous voulons absolument voir le Water palace de Tirta Gangga et la région au pied du volcan.
Les transports en commun à Bali sont vraiment galères. Si nous partons en bémo, il faut changer 4 ou 5 fois, avec autant de chance de se faire escroquer à chaque portion de trajet. Nous optons donc pour une société de bus privé, avec prix fixes, certainement plus chère, mais plus rapide et sans mauvaise surprise. Mais c’est sans compter les opportunités et aujourd‘hui est un jour faste ! En cherchant la compagnie de bus Perama, un autre petit transporteur privé nous hèle. Après marchandage, nous embarquons dans son mini van pour la moitié de la somme !
En arrivant à Tirta Gangga, mignon petit village sur les hauteurs, le chauffeur nous aide à trouver un scooter à louer. C’est là où nous faisons une autre belle rencontre. Le warung Rijasa est tenu par une famille ayant de la ressource. Non seulement, ils font restau, épicerie, location de scooter, mais ont également un magnifique bungalow à louer. Nous étions décidés à aller ailleurs, mais la gentillesse de Budi et la situation de cette jolie petite maison nous persuadent d’accepter (grandes baies vitrées, mezzanine et terrasses, ouvertes sur un jardin tropical au milieu de la campagne et des rizières).
Pour l’heure, nous allons au water palace. C’est un parc composé d’une multitude de bassins, dans le 1er des statues et un passage piéton émergent de l’eau, dans un autre apparaissent des nénuphars, des lotus. Au fond, un des bassins fait office de piscine, dans lequel on prend un bain rafraîchissant avec les gamins des environs.
Vers 5h du mat, nous sommes réveillés par les sons discordants d’un gamelan et par des chants religieux. Dans la matinée, notre hôte si sympathique, nous explique qu’il y a une célébration importante dans le temple tout proche. Il nous invite à y aller et pour cela nous habille en conséquence. Sarong et ceinture pour tous les deux, plus une coiffe savamment agencée pour JP. Ces vêtements traditionnels nous valent un accueil très chaleureux pour entrer au temple. On nous pousse gentiment vers le coin repas, et nous invite à profiter de la profusion de boissons, de cigarettes, de sucreries, de plats de poulet et de porc qu’on mange avec les doigts.
Gunung, qui parle mieux anglais que les autres, nous explique plus longuement la cérémonie qui se déroule sur deux jours. Sous réserve que nous ayons tout compris, de hauts dignitaires religieux et politiques sont attendus pour célébrer le passage à l’état de saint d’un couple sacerdotal. Après cette étape, le couple en question pourra conduire toutes les cérémonies : naissances, mariages, crémation et autres... Gunung nous explique que nous devons nous sentir libre d’aller partout, de manger et boire, de prendre des photos autant que nous voulons.
Chose incroyable est qu’au cours de la conversation, Gunung nous apprend qu’il est coordinateur dans une association pour personnes en situation de handicap, basée dans la capitale et qu’il travaille avec des ergos australiens ! Son association s’occupe d’un million de personnes dans toute l’Indonésie, beaucoup d’amputés comme lui, mais aussi des personnes paralysées. Il bosse en partenariat avec des organismes américains et a réussi à faire obtenir 75 fauteuils roulants, l’année précédente. Dans l’état actuel de mon activité professionnelle, c’est-à-dire en congé sabbatique pour un an, il est difficile d’organiser un quelconque travail en commun. Mais nous échangeons nos adresses mail, on ne sait jamais...
Plus tard, le gamelan attire toute notre attention, il est composé d’une trentaine de musiciens, qui rythme les festivités. Nous nous asseyons face à eux, prenons quelques photos. Notre intérêt les amuse, un courant de sympathie passe, entre deux morceaux, ils veulent voir les photos réalisées, nous en réclament d’autres. En retour, ils nous offrent des cigarettes et de l’arak.
Durant ces quelques jours à Tirta Gangga, nous avons vraiment eu l’impression d’approcher la vie balinaise, d’avoir partagé de beaux moments de convivialité.