carnets de voyages : Népal, Bali, Chili, argentine, Bolivie, Pérou, Equateur, Costa Rica
On a peu de jours en Equateur et on voudrait éviter de s’éparpiller aux 4 coins du territoire. On choisit de se concentrer sur l’avenue des volcans coupant le pays du nord au sud, et de laisser les côtes et la forêt amazonienne pour un autre voyage.
Donc direction Baños, petite ville thermale située juste au pied du volcan Tungurahua. En chemin, Mr Cotopaxi émerge des nuages, il arbore fièrement ses 5000 et quelques mètres de brouettes de pierres ponces. Il est aussi beau que dangereux, puisque il a déjà détruit 3 fois, la petite ville de Latacunga qui s’active à ses pieds. Eh oui, nombre de ces monstres sont bien réveillés. On n’est pas à la Bourboule !
Baños, qui veut dire « bains » (désolés pour les hispanophones, mais on n’a pas un public entièrement bilingue !), exploite des sources s’étant chargées de tous les minéraux contenus dans le ventre du volcan. Les eaux en ressortent chaudes, soit disant bénéfiques pour la santé, mais d’une couleur opaque allant du jaune pisseux au vert boueux. Très engageant... Un dimanche matin, on tente quand même l’expérience. Mais tous les équatoriens ont la même merveilleuse idée que nous. Résultat : eaux soufrées et ferrugineuses, pourquoi pas, mais surtout bouillon de culture garanti. On joue des coudes pour entrer dans la grande baignoire, on prend un bain revitalisant et délassant de 10mn entre les bombes des gamins, et on repart à l’hôtel prendre une douche rapidito. Parait-il que le meilleur moment pour être tranquille, c’est en semaine à 4h du matin. On le croit sur parole...
Cette ville offre aussi un large échantillon de randos et d’activités de plein air. Qui plus est, se situant à 1800m d’altitude, la température est idéale, non seulement pour les touristes que nous sommes, mais aussi pour les plantes tropicales qui y croissent (l’office du tourisme nous a promis une petite rémunération en échange de la publicité faite dans ce blog mondialement connu (et reconnu !)).
On s’installe dans un hôtel où les cerbères en charge de la sécurité sont deux perroquettes issues de la jungle toute proche. Elles aiment bien faire des vocalises durant la sieste ou nous asséner de « Hola » quatorze fois de suite. Mais ce sont des amours,..., quand elles se taisent.
Et puis un matin, le volcan toussote (il devrait arrêter la clope...). Un panache de fumée s’en échappe. Il s’est en fait réveillé en 1999 et depuis, à intervalles irréguliers, il relâche la pression contenue dans sa caldera, avant de retourner quelques temps à sa léthargie. Tungurahua est un volcan festif. Il se réveille pour toutes les fêtes du calendrier et justement dans quelques jours c’est la semaine sainte, très populaire ici. Monsieur veut mettre l’ambiance !
De Baños, son sommet est invisible tant les replis du relief sont abrupts. On décide donc de grimper à l’observatoire, 800m au dessus de la ville et de se retrouver face à lui pour l’observer. Il crache une fumée blanche. Puis soudain se met à grogner pendant plusieurs secondes, et expulse, à quelques kilomètres de haut, un rot chargé de cendres de roches, dont le vent nous fait manger quelques cuillerées. Au fur et mesure de l’ascension, les grondements augmentent en intensité. Après la première réaction de crainte naturelle, le spectacle nous fascine tant qu’on finit par en oublier toute peur. On passe des heures, subjugué, à l’écouter et l’observer.
Dans l’après-midi, ses soubresauts se calment, le spectacle est fini et on redescend vers la ville où beaucoup de ses habitants sont autant émerveillés que nous, de ce grand voisin, imprévisible et dangereux.