carnets de voyages : Népal, Bali, Chili, argentine, Bolivie, Pérou, Equateur, Costa Rica
En descendant vers le sud, nous décidons de voir un des rares vestiges Inca qui subsiste en Equateur : Ingapirga. Après quelques correspondances en bus nous arrivons à destination en fin d’après-midi, en pensant visiter le site le lendemain matin. Notre recherche d’hébergement tourne court. Nous avons le choix entre un hôtel à gringos très cher et un bouge dans le village. Nous nous décidons pour le bouge, la taulière nous conduit jusqu’à sa plus belle turne et nous demande de payer d’avance au cas où on aurait dans l’idée de fuir... La chambre est si coquette et si chaleureuse, qu’on décide de faire un tour dans le village où beaucoup de maisons sont à vendre. Le bled et ses habitants sont aussi accueillants que notre gentilhommière. La décision est vite prise, on récupère nos affaires, et on prend le dernier bus. Tant pis pour les ruines.
Après avoir critiqué abondamment et mutuellement nos couvre-chefs respectifs, nous voilà à Cuenca, ville du fameux panama. Là, nous avons enfin l’espoir de couvrir nos têtes avec des chapeaux qui ont du style.
Plein d’espoir, nous partons visiter les 3 principales fabriques de la ville. Le nom Panama vient de l’époque de la construction du canal éponyme où les ingénieurs et ouvriers l’avaient adopté pour se protéger des affres du soleil. L’élaboration est faite par les femmes de la région, qui tissent patiemment entre leurs doigts une ébauche, vendue aux différents ateliers. Eux, vont les colorer ou les blanchir et leur apporter leur taille et leur forme définitive. Chaque marque a son propre style, on découvre les « Borsalinos », les « coloniaux », et d’autres plus classiques ou plus fantaisistes, mais on s’aperçoit aussi de la qualité de finition. Notre œil s’aiguise, et en véritables connaisseurs nous en achetons un plein carton. Ensuite, nous confions notre trésor au service de la poste équatorienne, en croisant les doigts...
Pour les repas, on a vite trouvé la direction du marché. Beaucoup d’échoppes, avec le poulet-riz habituel, et puis d’autres qui nous attirent avec leurs cochons grillés entiers posés sur l’étal. Le lait de coco est pas mal non plus !

A part ça, Cuenca est une ville agréable. Ses 400 000 habitants ne se font pas trop sentir, le climat est très doux, même si il y pleut un peu trop à notre goût. Elle a un passé colonial et les monuments qui vont avec. Aujourd’hui elle est, selon les journaux, l’endroit idéal où tout américain du nord aimerait venir passer sa retraite. Effectivement, en déambulant dans les rues, on s’aperçoit qu’il y fait bon vivre. C’est pas les nombreux cireurs de pompes installés un peu partout, et leurs clients, juchés sur un siège, lisant le journal, en attendant que leurs chaussures brillent, qui semblent dire le contraire.