carnets de voyages : Népal, Bali, Chili, argentine, Bolivie, Pérou, Equateur, Costa Rica

Survol de l’Equateur. C’est la première fois, au cours de notre voyage, où nous allons rentrer dans un pays dont nous n’avons aucune idée, pas une seule image en tête. A travers le hublot, nous apercevons Quito. La ville entourée de collines verdoyantes parsemées de vaches, ressemble aux Alpes. Les maisons bien peintes paraissent soignées. L’Equateur vu d’en haut parait plus riche que la Bolivie et le Pérou.A terre, dans le Quito moderne, nous sommes étonnés de voir des bars à la mode, pleins de jeunes. Ce côté festif nous rappelle Buenos Aires. Les grillages, barbelés et fils électriques protégeant les habitations, nous ramène à une réalité plus rude.
Le lendemain, un dimanche, nous déambulons dans le Quito colonial, c’est populaire et bon enfant. Les maisons affichent balcons de bois et façades pimpantes. Nous visitons l’immense couvent San Francisco avec des moines en chair et en os et en habits aussi. Nous les voyons discuter avec des jeunes. L’église serait-elle vivante ici ?
Place de l’indépendance, beaucoup de monde, d’ambiance et de bruit. D’un côté le palais gouvernemental que nous ne pourrons pas visiter, il nous manque les passeports. De l’autre côté un groupe de musique andine et danseurs attire un bel attroupement. Et au milieu, sur les marches de la cathédrale, des indigènes et des militants (on dirait la CGT !) prennent la parole devant une foule compacte : « Viva la revolucion ciudadana », « viva Rafael Correa » ! Quel hommage, quelle popularité pour un président en place ! (ah non, c’est plus la CGT)
Les deux jours passés à Quito sont très largement suffisants pour étancher notre soif des grandes villes. Nous prenons un car en direction du sud pour apprécier la nature, c’est-à-dire, la cordillère et les volcans. Nous nous arrêtons à Chugchilàn, hameau perdu dans la montagne.

L’hôtel très sympathique, est constitué de cabanes qui ressemblent à de petits chalets suisses. La chambre est superbe, et pour la premières fois nous avons droit à un poêle et du bois à disposition. Nous rencontrons Yosh, le gérant, immigré cubain qui nous raconte son long parcours jusqu’en Equateur, ses déchirements quant à sa famille et son pays laissés derrière lui. Les repas sont l’occasion de discussions avec argentins, néozélandais, colombiens et aussi avec un canadien anglophone, Peter, qui s’exprime en espagnol.

Sur les conseils de Yosh, nous gravissons le volcan Quilotoa pour aller voir sa lagune d’un vert (émeraude comme dirait Cathy) presque phosphorescent. Dommage que le soleil bien caché derrière les nuages ne fassent pas péter davantage cette incroyable couleur sur les photos. Le retour en bus s’effectue dans des conditions habituelles : chauffeur fou et piste défoncée ! Nos compagnons de table nous ont raconté un retour encore pire, où le bus s’est planté, tous les hommes sont descendus pour pousser, finalement un engin de chantier est venu les sortir de ce mauvais pas.
Le lendemain, avec Peter, nous décidons de faire une grande boucle à cheval. Ça fait longtemps que nous n’avons pas mis nos fesses sur des canassons et les débuts sont laborieux.
Heureusement que Miguel, le guide, veille au grain et tape avec régularité sur les croupes léthargiques, jusqu’à ce que celui de Jean-Paul, brutalement réveillé, lui décoche une solide ruade et parte au galop.
Mise à part nos fringantes montures, nous découvrons une forêt primaire humide et un paysage superbe.
Tous les coteaux environnants sont utilisés pour les cultures. Et le plus curieux, c’est qu’il n’y a aucune terrasse. Les champs sont pentus comme des pistes noires. Cultures et récoltent exigent un travail de haute voltige.